Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac STMG Polynésie 2016

Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac STMG Polynésie 2016

Nous vous proposons le corrigé du Sujet 3 de Philosophie du Bac STMG de Polynésie.

Cette correction est valable pour tous les Bac des Séries Technologiques. Dans ce sujet, vous deviez expliquer un texte de Durkheim, Education et sociologie.

Téléchargez gratuitement ci-dessous la correction de l'explication de texte de Philosophie du Bac STMG de Polynésie 2016.
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Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac STMG Polynésie 2016

Le contenu du document



Sujet 3 :  Texte de Durkheim sur la portée de la science

Notions en jeu : vérité, expérience.


Avant-propos

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet d’explication de texte. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Ce corrigé se veut donc avant tout une explication d’un texte et des attentes que suppose cette épreuve différente de la dissertation, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


Texte à expliquer

Expliquer le texte suivant : 

« La science commence dès que le savoir, quel qu’il soit, est recherché pour lui-même. Sans doute, le savant sait bien que ses découvertes seront vraisemblablement susceptibles d’être utilisées. Il peut même se faire qu’il dirige de préférence ses recherches sur tel ou tel point parce qu’il pressent qu’elles seront ainsi plus profitables, qu’elles permettront de satisfaire à des besoins urgents. Mais en tant qu’il se livre à l’investigation scientifique, il se désintéresse des conséquences pratiques. Il dit ce qui est ; il constate ce que sont les choses, et il s’en tient là. Il ne se préoccupe pas de savoir si les vérités qu’il découvre seront agréables ou déconcertantes, s’il est bon que les rapports qu’il établit restent ce qu’ils sont ou s’il vaudrait mieux qu’ils fussent autrement. Son rôle est d’exprimer le réel et non de le juger. »

DURKHEIM, Education et sociologie, 1922. 


Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.  


Dégager l'idée principale du texte et les étapes de sa construction  

2. Expliquer :  

a) « le savant sait bien que ses découvertes seront vraisemblablement susceptibles d’être utilisées »  

b) « pressent qu’elles seront ainsi plus profitables »   

c) « il se désintéresse des conséquences pratiques. »  


3. Peut-on rechercher la vérité seulement pour elle-même ?


Présentation du sujet 

Ce texte de Durkheim a trait à la science, notion transversale du programme de terminale techno, que l’on peut retrouver dans le grand domaine de la vérité et dans la notion d’expérience, notamment. Il s’agit plus précisément pour l’auteur de se questionner quant à la portée théorique et la portée pratique de la science. Durkheim ne renie pas la dernière, mais privilégie la première, de sorte que pour lui le rôle majeur de la science est avant tout théorique.

Il s’agit donc d’un texte à dimension épistémologique, questionnant les tenants et aboutissants de notre connaissance scientifique des choses, de la valeur, la portée et l’ambition de la science.


Analyse du texte

• Une explication de texte doit répondre à des attentes précises : lorsque j’explique un texte je dois montrer quelle est la thèse de l’auteur sur un sujet précis (son point de vue) et quelle stratégie argumentative il met en place pour donner sa thèse (de quelle manière il s’y prend ? Quel type d’argumentation il choisit ? Quels procédés sont les siens ? etc.). 


• Il faut aussi voir si la position défendue par l’auteur est originale ou pas, et qu’est-ce que cela nous apprend sur le sujet. En effet, si la connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise, chaque extrait à expliquer fait partie d’un thème au programme de philosophie, qu’on est censé connaître. Ainsi, on peut faire dialoguer la position de l’auteur avec nos connaissances sur la question, afin de voir si sa thèse est subversive ou classique, originale ou non.


• L’idéal serait aussi de mettre en évidence un enjeu : manière par exemple que le texte a de faire résonner une question plus générale.


• Dans une première lecture du texte, afin de vous assurer que vous l’avez bien compris (et que vous pouvez donc commencer l’explication), il faut pouvoir répondre aux six attentes classiques d’une Introduction telles que les séries générales doivent le faire (vous, vous n’avez qu’à répondre aux questions, mais pour le faire bien, vous ne pouvez négliger cette étape, qui fondera votre réponse à la question n°1), ce que nous allons donc faire ici :


Situation du texte 

Dans ce texte, extrait du livre Economie et sociologie, Durkheim...


Thème du texte (de quoi cela parle, quel est le domaine général auquel il a trait) 

… traite de la science, de ses tenants et aboutissants.


Problème du texte

La science s’avère détenir autant une portée théorique, ce qui est logique, que pratique, ce qui est plus étonnant, et ce qui peut poser problème quant à la définition courante et traditionnelle qu’on se fait de la science.


Thèse du texte (point de vue défendu par Durkheim) (à reprendre dans la question 1)

Durkheim défend une idée assez rétrograde, selon laquelle la science c’est avant tout le savoir pour lui-même, le théorique avant tout, comme si la pratique était secondaire ou même faisait dériver la science de sa nature première.


Enjeu

Revenir à une définition un peu classique de la vérité, pour peut-être éviter le danger de l’éparpiller et de lui faire perdre son but premier.


Annonce du plan (étapes par lesquelles Durkheim procède). (à reprendre dans la question 1)

Pour mener à bien son argumentation, Durkheim procède en trois temps. Tout d’abord, Durkheim montre que la théorie est l’origine même de la science : la vérité scientifique a pour origine la recherche du savoir pour lui-même, et rien d’autre. Mais dans un deuxième temps, Durkheim explique que la science a malgré elle une dimension pratique, inéluctable au sens où le scientifique sait pertinemment que les vérités de la science pourront être utilisées, et parfois primordiale quand ce même scientifique décide de cadrer son travail pour faire naître des vérités profitables et les plus utiles. Néanmoins, dans un dernier temps, Durkheim explique que si le scientifique veut s’intéresser seulement à une démarche scientifique, il ne se pose pas même la question de la pratique, il ne juge pas mais constate, se fait le miroir strict de la réalité sans vouloir la transformer d’une quelconque façon.


Bases pour les questions 1 et 2.
Plan explicatif du texte


I. L’origine de la science ? La théorie, le savoir.

« La science commence dès que le savoir, quel qu’il soit, est recherché pour lui-même. »

↳ Durkheim s’intéresse ici à l’origine même de la science, qui pour lui n’est que pure théorie : le savoir recherché pour lui-même, donc le savoir étant la finalité seule et unique de la science, et rien d’autre.


II. La dimension pratique de la science, quelque chose d’inéluctable et parfois primordiale.

« Sans doute, le savant sait bien que ses découvertes seront vraisemblablement susceptibles d’être utilisées. »

↳ Une phrase tout en nuances ici (“sans doute”, “vraisemblablement”) dans laquelle Durkheim s’attache à pointer la grande probabilité des vérités à être utilisées, entendons par là, utilisées pour des choses concrètes, sortant de la stricte théorie, donc. Le savant cherche même la vérité en tout état de cause, cela, il le “sait”. Comme si la sphère théorique ne pouvait se suffire à elle-même, purement désintéressée, mais débordait toujours sur la sphère pratique. Comme si le savoir pour lui-même évoqué en première phrase du texte n’était finalement guère possible.


« Il peut même se faire qu’il dirige de préférence ses recherches sur tel ou tel point parce qu’il pressent qu’elles seront ainsi plus profitables, qu’elles permettront de satisfaire à des besoins urgents. »

↳ L’interaction théorie et pratique ayant été montrée, Durkheim va plus loin et explique que parfois, certains scientifiques focalisent leurs recherches sur ce qu’elles permettront dans la pratique, selon leur « profit » concret et leur capacité à répondre aux « besoins urgents ». Donc, la recherche de la vérité et la science peuvent être orientées uniquement de façon pratique, focalisées sur les conséquences et non sur le savoir pour lui-même. On peut se demander s’il s’agit du coup vraiment de vérité, dans ce cas.


III. La théorie au cœur de l’investigation scientifique.

« Mais en tant qu’il se livre à l’investigation scientifique, il se désintéresse des conséquences pratiques. »

↳ Durkheim s’oppose ici à ce qui se fait et ce qui devrait être. Selon lui, le scientifique qui se livre « à l’investigation scientifique » se désintéresse forcément de la pratique. Il cherche la vérité scientifique avant tout. Pour être dans le savoir pour le savoir, le scientifique, donc, doit être dans une position de désintérêt vis-à-vis de la pratique.


« Il dit ce qui est ; il constate ce que sont les choses, et il s’en tient là. Il ne se préoccupe pas de savoir si les vérités qu’il découvre seront agréables ou déconcertantes, s’il est bon que les rapports qu’il établit restent ce qu’ils sont ou s’il vaudrait mieux qu’ils fussent autrement. Son rôle est d’exprimer le réel et non de le juger. »

↳ Le théoricien scientifique se contente de constater, sans jamais tenter d’influer sur le réel ou de le juger. Son activité est celle d’un simple miroir du réel. Cf. Champ lexical de la pure observation : « il constate [...] et s’en tient là », « exprimer le réel », « les rapports qu’il établit », et cf, le champ lexical du jugement de valeur, qui dépasse la stricte observation objective : « préoccuper », « agréables, déconcertantes », « bon », « vaudrait mieux », « juger ».


Bases pour la question 3

Lors de la question 3, il est attendu des candidats de faire une mini-dissertation qui consiste à discuter la thèse de l’auteur. Le sujet est la thèse de l’auteur mise en question. Ici, la thèse de Durkheim est qu’on peut rechercher la vérité seulement pour elle-même, le sujet est donc : peut-on rechercher la vérité seulement pour elle-même ?

Comment procéder ? Dans une première partie, nous allons défendre la thèse de l’auteur, dans une deuxième partie nous allons la réfuter, et dans une troisième partie (indispensable, comme dans toutes les dissertations), nous allons dépasser cette opposition.

Voici donc le travail de base pour mener à bien cette mini-dissertation.


Problématique : est-il possible et légitime de rechercher la vérité seulement pour elle-même, ou cela ne l’est-il pas ? Autrement, faut-il penser que la recherche de la vérité doit se borner au champ théorique uniquement ?


Grand I. Défendre la thèse de l’auteur = on peut en effet rechercher la vérité seulement pour elle-même, la vérité ayant son origine et son but dans la théorie.

     ↳ on part ici donc du point de vue de Durkheim, que l’on cite et que l’on développe. Le but de la vérité est en principe épistémologique et non pratique, il s’agit de connaître avant tout... Par contre, la croyance, contrairement à la vérité, pousse à la pratique (il s’agit justement de croire pour agir quand on ne connaît pas assez, cf. cours raison et croyance).


Grand II. Réfutation de la thèse de l’auteur, ou nuancement de cette thèse = en fait non, on n’est pas dans la capacité de rechercher la vérité seulement pour elle-même, car toute vérité ayant des conséquences dans la pratique, comment serait-il possible de ne pas prendre la pratique en compte ? La vérité a un sens non seulement en théorie mais aussi en pratique.

     ↳ on réfute cette théorie de Durkheim, en pointant du doigt l’idée qu’une vérité peut être pratique. Cf. Nietzsche, Vérité et mensonge au sens extra-moral, qui évoque une vérité fausse et mensongère, mais qu’importe puisqu’elle sert pratiquement (dans la vie de tous les jours). Cf. encore Russell, Science et religion, qui va encore plus loin en disant qu’une vraie vérité ne peut-être qu’une vérité pratique :

« Les vieilles théories restent inutilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité “technique”, qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité “technique” est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La “connaissance” cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière. »


Grand III. Dépassement du grand I et du grand II. Sans doute ne devons-nous pas rechercher la vérité seulement pour elle-même, ce sans quoi nous la condamnons à n’être que théorique, et une vérité seulement théorique est trop idéaliste avec le risque d’être éloignée de notre monde réel, terrestre. 

     ↳ Cf. le monde duel platonicien où il faut partir du monde terrestre pour ne vivre seulement que dans le monde des Idées, « Vivez selon le corps et vous mourrez, vivres selon l’esprit et vous vivres » (Saint Paul, Épître aux Romains). Nous sommes sans doute trop empreints d’idéalisme, d’objectifs bien trop perfectionnés et inatteignables comme tels. La vérité, de ce fait, ne doit-elle pas descendre du ciel des Idées platonicien et faire sienne la réalité terrestre dans laquelle tout homme, qui est un être incarné et non un pur esprit, vit et évolue ? En ce sens, n’est-ce pas de l’ordre du devoir que la vérité ne doive pas être recherchée seulement pour elle-même ?

Fin de l'extrait

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