Correction Sujet 2 Philosophie Bac STMG 2017 Pondichéry

Correction Sujet 2 Philosophie Bac STMG 2017 Pondichéry

Notre professeur a rédigé pour vous le corrigé du sujet 2 de Philosophie du Bac STMG de Pondichéry 2017. (Valable aussi pour toutes les autres séries technologiques).

Pour rappel, le sujet portait sur la question : L'expérience se réduit-elle au vécu ?.

Téléchargez gratuitemenet ce corrigé de Philosophie (sujet 2) du Bac STMG Pondichéry 2017, et retrouvez le le sujet de Philosophie, les corrigés du sujet 1 et de l'explication de texte.

Correction Sujet 2 Philosophie Bac STMG 2017 Pondichéry

Le contenu du document


SUJET N° 2 : L’EXPERIENCE SE REDUIT-ELLE AU VECU ?
NOTION EN JEU : L’EXPERIENCE

AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation.

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve.

 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques...


PRESENTATION DU SUJET

Ce sujet, « L’expérience se réduit-elle au vécu ? », a trait à une notion classique du programme de terminale techno, l’expérience, faisant partie du grand domaine  La vérité”, il s’agit donc a priori d’un sujet à portée épistémologique, c’est-à-dire qui concerne notre manière rationnelle et scientifique d’appréhender le monde et les choses.

Mais ici le mot “vécu” vient jouer les troubles faits puisque le verbe “vivre” a davantage une dimension existentielle qu’épistémologique et n’est pas forcément rattaché à la vérité. Il va donc falloir ne pas passer outre ce paradoxe inhérent au sujet, et très difficile ici, surtout pour un sujet de terminale techno.


ANALYSE DU SUJET

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.


DEFINITION DES TERMES

• l’expérience : par définition, au sens philosophique, l’expérience s’oppose à la théorie, c’est la connaissance immédiate, c’est-à-dire sans concept, et par le biais du corps et des sens, du réel. Au sens courant, l’expérience, c’est vivre un épisode ou un phénomène, l’éprouver. Donc au sens courant il semble bien que l’expérience en effet se réduise totalement au vécu, mais au sens philosophique, cela reste à prouver.

• se réduit-elle : c’est ici un verbe de restriction, si l’expérience se réduit au vécu, cela signifie qu’elle s’y cantonne, qu’elle se limite au vécu.

• vécu : comme dit dans la présentation du sujet, alors que l’expérience est une notion d’abord et avant tout épistémologique en son sens philosophique, le vécu est quant à lui d’ordre existentiel, je vis les choses, je les éprouve, et je ne les connais qu’ensuite. On voit mal comment une expérience, puisqu’elle s’éprouve, pourrait ne pas se réduire au vécu. Il semble même y avoir entre les deux mots une sorte de tautologie (de répétition). C’est donc cette tautologie qu’il s’agit d’interroger ici.


MISE EN TENSION DU SUJET ET PROBLEMATISATION.

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.

Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

Sujet : l’expérience se réduit-elle au vécu ?

Réponse évidente : il semble bien, à première vue, que oui, l’expérience se réduit au vécu, parce que contrairement à la théorie, elle ne se caractérise que par le vécu, l’apprentissage d’un individu se forgeant dans le temps selon son histoire, son passé, ses “expériences”.

Réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : pourtant, au sens scientifique du terme, l’expérience certes est vécue, mais pas du tout au sens fort du terme : elle est faite par moi, mais de là à dire que je la vis, ce serait un peu exagéré. Plutôt que de dire qu’elle est vécue, on pourrait plutôt dire de l’expérience scientifique qu’elle est faite par nous, que nous la mettons en œuvre, la faisons et ne la pensons pas abstraitement. Le concret remplacerait alors ici le vécu.

La tension est ici sensible : soit l’expérience sensible se réduit au vécu, qui ici s’oppose à la pensée abstraite, soit elle ne s’y réduit pas, et alors elle a trait à autre chose qu’à la vie même. Mais toute la difficulté du sujet est de penser l’expérience dans toutes ses dimensions : au sens courant, au sens philosophique, etc.

 

Cela amène alors la problématique: si l’expérience se réduit au vécu, qu’est-ce qui donc différencierait les deux ? Ne serait-ce là qu’une distinction de raison ? L’expérience, donc, de ce fait même qu’il existe un mot pour en parler, qui soit distinct de celui de vie, n’excède-t-elle pas forcément le vécu ?


PROPOSITION DE PLAN

Oui, il semble bien que l’expérience se réduise au vécu.

Des synonymes.

L’expérience et le vécu semblent tautologiques, répétitifs ou pléonastiques. Je vis une expérience comme je monte un escalier, finalement, c’est-à-dire qu’il y a là une forte confusion des termes. Que serait donc une expérience non vécue ? Elle ne serait pas mienne et donc ne m’apprendrait rien à moi, puisque je ne l’aurais pas expérimentée... Une expérience par procuration ne serait pas une véritable expérience. Et saint Thomas déclame qu’il ne croit que ce qu’il voit, c’est bien parce qu’il doit expérimenter et vivre la chose, ce qui ici est pareil, pour en avoir la certitude.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron.

La formule est d’Aristote, et ce qu’elle dit est très simple : certaines choses ne s’apprennent qu’à force de répétition dans la vie de tous les jours, de pratique, donc de vécu, et absolument pas dans la théorie livresque des bibliothèques. Je n’apprends pas à jouer du piano en suivant juste une méthode écrite, il faut que mes mains pratiquent. Je n’apprends pas à marcher du jour au lendemain, parce que mes parents me l’ont expliqué : je dois répéter l’action de marcher pour un jour finir par bien marcher. Et finalement, pour toutes les choses réelles de la vie, cela semble fonctionner de la sorte : par l’expérience, l’expérimentation, l’essai, donc par le vécu d’une chose et les leçons que l’on peut en tirer, ainsi que l’habitude due à la répétition de ces expériences. C’est ainsi que je puis dire que j’ai tiré des leçons de mon passé, que l’expérience m’a appris ceci ou cela que les livres seuls ne pourront jamais m’apprendre puisqu’ils sont relativement étrangers à moi, à mon être au monde, à ce qui se passe concrètement.


Et pourtant, l’expérience semble excéder le vécu dès lors qu’elle prend une dimension épistémologique.

Qu’est-ce que l’expérience au sens épistémologique ?

Au sens épistémologique, l’expérience est le contraire de la théorie, puisqu’elle est la connaissance immédiate des choses, sans concepts, sans le détour de la pensée. Dans l’expérience, les choses s’offrent à nous par l’intermédiaire des sens, qui nous les font éprouver, sentir, expérimenter. Notre rapport empirique au monde est de l’ordre du vécu au sens où la pensée ne fait pas obstacle. Dès notre naissance, d’ailleurs, les sens sont notre premier contact avec le monde extérieur : avant de raisonner et de conceptualiser les choses comme un adulte, le petit d'homme sent, goûte, voit, entend et touche. Ainsi, c'est par nos sens qu'au début de notre vie, nous semblons acquérir certaines connaissances. Et tout au long de notre existence, il semblerait bien que ces derniers nous procurent du savoir sans que nous n'ayons d'efforts particuliers à fournir, car les sensations s'expliquent avant tout par un mécanisme physique face auquel nous sommes passifs. Il suffirait de vivre les choses, de les expérimenter, pour en avoir une première connaissance. Telle est l’expérience épistémologique au sens large, fondée sur le besoin de voir les choses, de les expérimenter pour de vrai pour en faire sortir une quelconque connaissance. Mais est-ce là vraiment du vécu ?

 

Le concret et non le vécu

Si l’expérience a besoin de se faire dans la réalité et non dans la sphère des pensées uniquement, elle a davantage besoin de concret que de vécu. Une expérience scientifique ne se vit pas comme une expérience de vie, un premier baiser n’est pas comparable à des essais en éprouvette, c’est bien la preuve que non, toute expérience ne se réduit pas au vécu, ce serait même une faute de langage que de parler ainsi. On ne vit pas une expérience scientifique, on la concrétise, on la fait. Lorsque Hume déclare qu’il voit chaque matin le soleil se lever, il ne vit pas à proprement parler le lever du soleil, il en fait simplement l’expérience, on voit donc là que les deux termes, en épistémologie, ne sont pas équivalents.

Mais alors pourquoi cette question de la réduction de l’expérience au vécu ?


L’expérience contre la théorie, ou la nécessité de l’épreuve, d’où l’insistance sur le concret, le vécu.

L’expérience contre l’abstraction de la pensée

Finalement, insister autant sur le côté “vécu” de l’expérience ne servirait peut-être bien qu’à une chose : montrer à quel point expérience et démonstration sont différentes, la première étant dans le concret, dans la réalité des choses, leur concrétude, leur réalisme, leur empiricité, tandis que la seconde en est pure, totalement détachée, abstraite et loin des choses dans leur matérialité même. Alors, tout comme les phénoménologues le font, les empiristes le font aussi, et enferment ce qui n’est pas expérience dans le vide abstrait de la pensée, où l’existence n’est qu’idéelle et non concrète.

 

L’épreuve, le vécu au sens large.

Mais parler de vécu, c’est exagérer et extrapoler, il vaudrait mieux parler d’épreuve. Descartes, lorsqu’il dit « je pense, donc je suis », ne vit pas sa pensée, il l’éprouve concrètement. Il n’est pas extérieur à elle, comme un observateur serait extérieur à un phénomène qu’il observe. Mais il ne la vit pas totalement non plus, ce sans quoi il ne pourrait en parler. Il l’éprouve. Et finalement, dans tout type d’expérience, il y a de l’épreuve. Tandis que c’est seulement dans l’expérience de la vie (quand on parle d’un homme d’expérience, par exemple), que celle-ci se confond avec le vécu.

Fin de l'extrait

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